Gypsy Eyes

our de nombreux guitaristes, jouer en duo est un moment exaltant. Intense. On est à nu, sans aide rythmique et le dialogue devient l’élément essentiel. Or dans beaucoup d’albums duo! , on joue un peu à qui est le meilleur, on cherche à épater.

Ce disque est une espèce d’ovni dans ce style. C’est de la musique pure ! On en oublie même que c’est de la guitare tellement ça sonne orchestral.
Et pourtant le pari était loin d’être gagné. D’un côté le guitariste du groupe SIXUN (Louis Winsberg), plus habitué à l’époque aux riffs électriques et aux compositions d’influence africaine et de l’autre, le guitariste du trio SUD (Sylvain Luc) à la technique « extraterriale ». Tous les éléments étaient réunis pour assister à un disque démonstration.

 

Dès la première composition, qui donne le titre à l’album, on comprend qu’on a tout faux et que ce disque va non seulement nous reposer les oreilles mais pourra un jour être remboursé par la sécurité sociale. Planant ! On part en voyage, on se laisse guider en replongeant dans une enfance pas si lointaine avec cette composition qui commence par ces bruits de cour d’école et qui finit en explosion mélodiques.

 

Alors je me suis dit, « Ok, toutes les compositions ne sont pas comme ça quand même »… et j’avance dans le disque et je reste au niveau stratosphérique. Le pire c’est que je regarde la pochette et que je vois de temps en temps non p! as « Composition » mais « Improvisation ». Comment concevoir qu’un morceau comme « Iluntxa » est une improvisation ! On va leur faire confiance mais tout de même il y a des fois où la grâce y fait son petit bonhomme de chemin.

 

Bien entendu on sent quelque fois l’influence hispanisante de Louis Winsberg qui publiera après les opus Jaleo, mais rien qui ne serve pas la musique. C’est pour moi un des rares albums que j’ai envie d’écouter sans vouloir repiquer un plan, un renversement d’accords ou une ligne mélodique. J’ai pas envie de casser le mystère qui fait que ça fonctionne.

 

Sylvain Luc réitéra la formule duo plus tard avec son alter égo, Bireli Lagrène. Le disque Duet est un bon disque mais ça sonne pas pareil. Dans Petits Déjà, il n’y a que des compositions et ça se sent. Il n’y a pas de contraintes, pas d’adaptation, ce qui créé une espèce de magie.

 

Le son de cet album y est également pour quelque chose. Le son n’est pas brut mais la guitare synthé de Louis Winsberg, associée à la classique de Sylvain Luc font que ce disque sonne spatial. Le dernier morceau est un clin d’œil pour dire que ces deux virtuoses ne se prennent pas au sérieux !

 

Difficilement trouvable dans le commerce, n’hésitez pas à fouiner sur le net ou dans les bacs perdus des magasins pour le dénicher. Ça en vaut vraiment la peine.

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.de laguitare.com

 

1. Petits deja
2. Cantilena
3.
Heures denses
4
. Salsalad
5.
Iluntxa
6
. Colchique
7
. Sous la ville
8
. T.g.v.
9.
Les impressionnistes
10.
Blues for achille
11
. Les mickeys rentrent a la maison

Sortie : 1994
Label  : Bleu Citron